Bah voilà, aujourd’hui j’ai 44 ans !

Le jardin ce matin

J’ai lu hier chez une copinaute qui se reconnaîtra une retrospective par dizaine et j’ai beaucoup beaucoup aimé….du coup Isa, je te pique l’idée 😊😚…

1978, 4 ans

Très peu de souvenirs…je crois que je passais déjà pas mal de temps chez mes grands-parents maternels où il y avait plein de cousins-cousines de façon quasi permanente. J’ai une petite soeur de 18 mois de moins et une autre vient de naître.

1988, 14 ans

Je suis en train de réviser mon brevet des collèges sur la terrasse. Mes parents ont fait construire à la campagne et je m’ennuie un peu. J’ai peu, voire pas d’amis. Heureusement, il y a les vacances chez les grands-parents. Ils sont désormais à la retraite et ont choisi de vivre de façon permanente dans leur petite maison de vacances à 200 m de la mer, à 30 km de chez moi.  On s’éclate bien avec les cousins-cousines. Baignades, balades dans les dunes, pétanque, pêche aux crabes, premières cigarettes (gauloises sans filtres piquées à mon grand-père par le cousin téméraire, beurk), diabolo-orgeat au café, baby-foot, permission de minuit et soirée « en boite » (quelle horreur comment ai-je pu aimer çà …).  Je porte fièrement des jeans troués. Je me suis acheté des Doc Martens en soldes avec mon argent de poche. J’ai plein de kilos en trop mais n’en souffre pas à cette époque.

1998, 24 ans

Je suis toujours en Normandie. J’ai terminé mes études de psycho. Je travaille dans l’association pour personnes handicapées où j’ai fait mon dernier stage. J’ai une vieille ford fiesta rouge, ma première voiture (je me suis fait arnaquer, 100 000 km de plus au compteur qu’annoncé). Je pollue la rue à chaque démarrage le matin.

En parallèle de mon travail, je prépare un DEA (=Master 2 recherche) car mon prof de DESS (= Master 1 pro) est plus qu’intéressé par mes travaux de recherche en psycholinguistique et il a besoin  de gens sur le terrain. J’obtiendrai ce DEA mais ne ferai pas la thèse. Il aurait fallu arrêter de travailler. Bien que mon prof me propose bourse et un poste d’assistante TD, je choisis le terrain. Fichue anxiété sociale. Je regrette un peu depuis quelques années mais bon c’est comme çà. Une carrière universitaire, peut-être qu’en fait je m’y serais plus éclatée….

Je vis dans mon mini-studio d’étudiante et fréquente le husband depuis 1 an. On se voit tous les week-end car il travaille à 150 km, dans ma ville d’origine. Je cherche à revenir dans cette ville mais pas de poste. 

Je suis en obésité. Pas de sport, repas bien trop riches et grignotages. On se soucie peu de ces questions à l’époque. 

2008, 34 ans

Pour pouvoir vivre ensemble, on a fait le choix de venir en région parisienne où le husband a pu avoir une mutation dans un labo de recherche intéressant. On est bien malgré notre tout petit logement. On est gaga de notre petit garçon de 7 ans. On commence à voyager. 

Je travaille dans l’association d’insertion pour personnes handicapées dans laquelle je suis toujours. 

Le husband fait beaucoup de course à pied et m’a initiée, je cours 2 à 3 fois par semaine 40 minutes minimum et m’inscrits à ma première course, les 10 km de Berlin. J’ai perdu 12 kilos grâce à la course et à un contrôle alimentaire. Je suis à peu près mince pour la première fois de ma vie. Çà m’aide à prendre confiance en moi et à dompter mon anxiété.

2018, 44 ans

On est mariés depuis 5 ans. On a fait çà juste avec parents, soeurs et çà nous a valu bien des soucis avec les parents du husband qui ont voulu nous renier. Les rapports sont tendus depuis. On a renoué grâce à un courrier que j’ai envoyé et ils sont venus finalement au mariage. On maintient les liens pour leur petit-fils et bien sûr pour ne pas les laisser tomber dans leur vieillesse. Toute façon tout le monde s’est écarté d’eux, ils n’ont quasi aucune relation sociale. Ils sont très spéciaux, sûrement birn malheureux. Mais on est là et on sera là. Mais bon, c’est pas digéré pour moi ni pour le husband. Les relations sont tendues et très hypocrites, mais c’est ainsi. 

On a vendu très correctement notre petit appartement qu’on avait entièrement remis à neuf depuis 10 ans. On a pu grâce à ça s’acheter l’an dernier une petite maison dans la même ville avec jardin, que l’on savoure pleinement. On aurait jamais pensé pouvoir s’offrir une maison en région parisienne vu les prix. La vie réserve bien des surprises.

On a un chouette ado dont je suis fière : malgré ses problèmes dys, il est parvenu à intégrer son souhait,  une première S, et çà marche plutôt bien ! 

On continue de voyager régulièrement, on adore çà, comme un moteur de vie.

J’y vois plus clair sur mes besoins et priorités et les respecte. J’écarte et m’écarte les gens qui me sont nocifs. Tant pis. On a qu’une vie, il faut être bien dedans.

J’ai repris 10 kg car j’ai dû stopper la course à cause d’un petit soucis de hanche. J’essaie de les reperdre sans me prendre la tête. Je mange sain mais je suis gourmande. C’est çà le problème.

Je suis plus apaisée dans mes relations avec la famille et beaucoup moins impactée par celles, singulières, avec ma belle-famille. 

Je tiens un blog depuis 3 ans et y fais de jolies rencontres, c’est un lieu important pour moi car je peux m’y exprimer, être moi-même alors que dans la « vraie » vie je suis très très introvertie. 

Je suis toujours anxieuse mais c’est beaucoup plus gérable. 

Je regarde mes fleurs et mes légumes pousser, je lis beaucoup. Je suis heureuse. 

On a la chance d’avoir chacun un poste avec des salaires corrects, un niveau de vie agréable. On sait que c’est une vraie chance à l’heure actuelle. 

Seule ombre au tableau : mon travail que j’aimerais quitter. Pas que le travail, l’ambiance et les dysfonctionnements tout çà,  mais aussi et surtout la fonction, mon métier. Je suis usée d’entendre la noirceur du monde, des histoires de vie souvent atroces, des parcours migratoires horribles, les troubles psychiques de plus en plus fréquents, les maladies dégéneratives terribles qui me font de plus en plus peur et me créent de nouvelles angoisses. 

Heureusement, je travaille à 75 % et n’y suis que 27h semaine. Une vraie chance, un luxe même. J’en suis très consciente. C’est certainement aussi ce qui me retient (le temps partiel, le salaire correct grâce à l’ancienneté).

Il faudra que je change c’est sûr et j’espère que la prochaine décennie me permettra celà. 

Mais surtout, j’espère qu’elle me permettra de continuer à être heureuse, que mon husband et mon ado soient eux aussi heureux. 

Qu’on soit tous trois heureux et en bonne santé dans 10 ans est le voeu que je me fais pour les 10 prochaines années !

🌸🌼🌸🌼 Bon dimanche les amis ! 🌼🌸🌼🌸