Juste après l’armistice de 1945 , à Munich, un jeune garçon erre parmi les décombres. Il se débrouille pour tenter de survivre, comme bien d’autres rescapés.

Secouru par les alliés, il est envoyé à l’hôpital, puis dans un orphelinat crée pour les enfants isolés. 

Les alliés baptisent « Josh » ce garçon complètement perdu qui ne se souvient pas de son nom, pense et à des réflexes allemands très conditionnés et affreux mais a un tatouage de camp gravé sur le bras. Qui est Josh ? Quelle est son histoire ?

Dans cet orphelinat se  retrouvent des enfants juifs, mais aussi beaucoup de polonais non juifs. Les polonais,  occupés par l’Allemagne, ont beaucoup été déplacés pour être mis au service des allemands, pour l’entretien du pays, l’industrie. Certains  (enfants blonds aux yeux bleus…) ont été placés dans des programmes d’entraînement, ou des centres de reproduction. Tous ont subi on s’en doute d’affreux traumatismes. Vivre ensemble est très délicat et les tensions sont nombreuses dans l’orphelinat.

Le roman traite du parcours migratoire de ces enfants détruits, tout juste échappés des camps de travail ou pire, à la rage de vivre incroyable, qui recherchent un proche ou cherchent à retourner dans leur pays.

On apprend plein de choses sur cette période de l’histoire assez peu traitée dans les romans. La guerre est fraichement terminée mais la haine est toujours très présente entre les peuples. Le peuple allemand, désemparé,  est affamé et lutte également comme il le peut pour se reconstruire.

On découvre le rôle important des forces alliées pour aider les gens à panser leurs traumatismes, apaiser les rancoeurs, à gérer au mieux cette période très confuse. Le roman est construit sur une belle relation qui se développe entre « Josh » et Wally, un jeune soldat noir américain confronté lui-même  au racisme de ses supérieurs.  

J’ai apprécié de pouvoir en apprendre sur le sort de la Pologne durant le conflit et juste après. Les pogroms qui ont perduré après les accords de paix, l’administration du pays par la Russie, les prémices de la guerre froide, les polonais qui ne veulent pas rentrer chez eux et choisissent d’emmigrer. 

Ce roman m’a permis de mieux comprendre l’histoire de la grand-mère du husband. Polonaise, sa famille été déportée en Allemagne pour prêter main-forte à l’industrie. Logée dans des camps, la vie devait être rude. Ses enfants, dont ma belle-mère, sont nés là-bas. Après la libération elle et son mari ont choisi de venir s’installer en France, dans le Nord où l’industrie minière avait besoin de bras.

Bref, il s’agit d’un roman vraiment intéressant au niveau historique. Je me suis toutefois un peu ennuyée sur la première moitié où il y a très peu d’action et où on est principalement en huis-clos dans l’orphelinat. J’ai failli abandonner ma lecture. Je suis contente de m’être accrochée car la seconde moitié en vaut vraiment la peine. 

J’ai par ailleurs trouvé que les personnages auraient pu être plus développés car j’ai souvent eu le sentiment d’être abreuvée de faits historiques plutôt qu’embarquée dans l’histoire, la vie, le destin de personnages. Je ne savais plus trop si j’étais plongée dans un livre d’histoire ou dans un roman. Même s’il y a assez peu d’intrigue, c’est un roman qui je pense passionnera les personnes qui s’intéressent à cette période de l’histoire.