J’ai acheté cette vieille édition de « La petite Fadette », ce week-end sur une brocante parisienne.

Parce que je trouve la couv’ sublime, emplie de poésie, et que je ressens un fort besoin de changer d’air et de siècle, ces temps-ci.

Sitôt dans la besace, sitôt lu. Ou plutôt relu. Je viens de passer quatre chouettes soirées (nuits…) avec les jumeaux Landry et Sylvinet, ainsi que  la soit-disant vilaine Fadette que tout le monde critique parce qu’elle ne se balade en haillons, que sa mère a quitté sa famille pour un autre homme et que sa grand-mère, qui les élève,  elle et son frère handicapé, est une sorcière, alors sans doute elle aussi. 

Sylvinet la déteste, Landry à l’occasion d’un service qu’elle lui rend, va découvrir une personne d’une richesse de coeur, d’une humilité et d’une intelligence rares. La relation fusionnelle entre les deux bessons (jumeaux) va être chamboulée.

C’est magnifique, un tendre et truculent tableau de la vie paysanne dans le Berry au IXXè siècle, une analyse très riche de l’humain et de la société. 
J’aime la plume dense, pertinente et désuète de Georges Sand, dont l’usage des termes patois donne au récit un charme fou. 

« La Petite Fadette » est un magnifique roman sur les préjugés, qui nous rappelle que la richesse est sous nos yeux, suffit de bien regarder et savoir ne pas se faire parasiter par les pensées d’autrui, voire par les siennes.