Le repas d’anniversaire d’une vieille tante originale qui vit au fond d’une forêt, un centre d’hébergement où l’on se voit retirer sa « glande ressort » de l’oreille à l’arrivée, une petite fille que l’on présente à un concours de beauté contre son gré, une habituée de bibliothèque qui lit et relit « l’encyclopédie des vers parasites », une  brodeuse silencieuse un centre de  soins palliatifs…

Autant de scènes vie singulières donnant du carburant à dix superbes nouvelles, parues il y a plus de vingt ans au Japon, publiées en France en 2016. 

La plume comme toujours très raffinée, épurée de Yôko Ogawa nous entraîne tout en douceur et pudeur dans les profondeurs de l’être humain, avec comme thèmes centraux la mémoire, la transmission, le respect entre génerations. 

L’auteure nous embarque à certains moments dans du fantastique frisant parfois l’horreur, ça m’a surprise, elle nous a pas habitués à ça, j’ai adoré être remuée comme çà. 

Comme toujours avec ses mots très précis et son attention aux détails rendant le texte ultra sensitif, Yôko Ogawa crée des ambiances très particulières, souvent étranges, des personnages profonds et puissants. 

Je pensais le déguster à petite dose, ce recueil. Me prendre une petite bouffée de magie de temps en temps, quand besoin, le temps d’une nouvelle. Mais non, ça se lit d’une traite, comme un souffle qu’on ne peut interrompre. C’est excellent.