Ce roman, Goncourt 2005, consiste en un long monologue d’un écrivain cinquantenaire qui a eu son heure de gloire mais ne parvient plus à écrire. 

Ses éditeurs attendent ses manuscrits, son banquier ne peut plus faire grand chose pour lui éviter la saisie, sa femme et ses deux filles ne savent plus comment le secouer. 

Lui dort jusque l’après-midi, multiplie les coucheries dès qu’il sort, délaisse ses amis, sa famille. Plus que désabusé, il semble clairement dépressif.

Il a le projet depuis longtemps de se rendre quelques jours chez sa mère, qui le réclame et qu’il voit trop peu, par flegme. Il a débuté pour celà un manuscrit qu’il a intitulé « trois jours chez ma mère », mais tourne autour du pot, nous raconte ses souvenirs, ses regrets, disgresse beaucoup, et n’écrit pas finalement. C’est original, cette idée de faire un roman de la difficulté que l’auteur a eu à l’écrire, de l’état d’esprit dans lequel il était à ce moment, car c’est très certainement autobiographique.

Ce temps chez sa mère, le destin va le contraindre à le prendre, de façon imprévue. 

Je ne savais pas quoi penser de ce livre…Le personnage est inbuvable. Ses nombreuses disgressions insupportables. Çà m’a énervée. Et en même temps, sa sensibilité est très  belle. Des questions profondes sur la vie, les rapport familiaux, la condition humaine sont soulevées. Les pointes d’humour sont subtiles, l’écriture fluide, très littéraire, vraiment agréable. 

J’écris cette chronique deux semaines après avoir terminé le livre. Tout juste refermé, je me disais « mouaif », mais en écrivant tout ceci, je me dis  que c’est bon parfois de s’énerver, çà peut signifier que le contenu est dense et important, çà permet peut être de mieux faire sentir, ressortir les éléments fondamentaux pointés par l’auteur. Il y a des lectures, comme çà, qu’il faut laisser mijoter pour laisser s’en aller les premières impressions et approcher ses vrais ressentis, savoir au final si on a aimé ou non.

J’ai aimé, en fait.