J’ai eu envie de relire ce recueil en ce début d’année.

Le silence, la sobriété, la décence, le respect de soi et de ses valeurs, comme armes face à la tourmente, à l’inacceptable, à certaines situations où l’on est impuissant, voilà ce que veut nous montrer ce texte. 

Le silence qui peut, dans certaines situations, être le meilleur playdoyer. Relire régulièrement ce texte écrit au creux des heures les plus sombres de notre histoire contemporaine, çà résonne toujours fort. 

Ce vieil homme et sa nièce, qui doivent loger un officier allemand, ont choisi de résister par le silence. L’officier s’avère être un homme charmant, extrêmement poli et respectueux, cultivé, sincère. Il vient leur parler chaque soir, au coin du feu, de son sentiment profond sur le conflit, de son amour pour la France. Il tente de se rapprocher de ses hôtes, de les faire parler. On sent que cet homme les surprend, les attire, mais les voilà pris dans une mêlée légitime de rancoeurs, de paradoxes, d’incompréhesions. Cèderont-ils ? Est-il possible de considérer l’humain dans l’ennemi ? Quel sens a la guerre ? Passionnante relecture.
Les autres nouvelles du recueil, souvent occultées, sont tout aussi passionnantes en terme de lutte pour la défense de ses idéaux et valeurs, de dénonciation des phénomènes d’embrigadement, de la lâcheté, perversité et manipulation.
Je ne me rappelais pas de « Ce jour-là », de cette dernière promenade de ce petit garçon avec son papa, un petit garçon qui ne comprend pas ce qui lui arrive dans l’horreur des dénonciations. Poignant, inimaginable. Et pourtant si…
À lire, relire, faire lire, ne serait-ce qu’en hommage à l’auteur, un résistant, qui au coeur des heures les plus noires, a su non seulement écrire ces textes, mais, ainsi que ceux d’autres auteurs, les faire publier dans une petite maison clandestine qui deviendra les fameuses Editions de Minuit.
Sur ce, Jean-Pierre vous souhaite un bon week-end, qu’il a pour sa part débuté par un bon petit roupillon après avoir grapillé quelques miettes de pizza…