Boudiou (j’ai failli écrire saperlipopette mais boudiou, ça colle mieux), quelle fantastique lecture ! 

Quel plaisir de retrouver la plume de Maupassant, de se plonger, sous ses mots, grâce à ses scènes détaillées, jamais ennuyeuses, dans le Paris de la fin du XIXè ! 

Ce roman se dévore comme une série bien addictive, d’ailleurs il est paru initialement sous forme de feuilleton, publié entre avril et mai 1885. 
Suivre l’ascension de Georges Duroy dans la petite bourgeoisie et le monde journalistico-politique est absolument fascinant, tout comme la plongéee historique dans la société de l’époque, ses préoccupations personnelles, nationales et internationales.

Jeune, beau, musclé car ancien soldat, moustache fringante, le jeune Georges Duroy comprend vite qu’il plaît aux femmes et que là est la clé de sa réussite. 

Issu du monde paysan normand, lassé de l’armée, voulant faire fortune, être reconnu, il arrive sans le sous à Paris. 

Il saura comprendre, utiliser, développer les bonnes ficelles, manipuler, flirter, se mouler à cette société si hypocrite, pour y arriver.

Jusqu’où ira-t-il ? Sa quête de gloire annihilera-t-elle complètement ses émotions ? Quel délicieux et passionnant  suspens. C’est assez rare que j’emporte partout un bouquin pour l’ouvrir dès que deux minutes se présentent à moi, j’ai même lu en touillant une béchamel, bref,  Bel-Ami, ainsi nommé par ses groupies féminines de tous âges, dont je n’aurais pas été (enfin j’espère !), m’a fait passer un exceptionnel moment de lecture.

Quels magnifiques portraits de femmes, petries d’amour et/ou d’ambition, prisonnières de leurs mariages, malignes ou perfides, malades ou libres… quelles balades inoubliables en fiacre ou en landau, au bois de Boulogne ou le long des côteaux de Seine, et ces dîners, menus simples ou fastueux, champagnes, grenadines, chocolats chauds, bons vins, et puis ces intérieurs feutrés, luxueux ou modestes, ces belles tenues, robes, voilettes, jupons, chapeaux et kimonos, ces odeurs, violette, vieux bois, encres, humus, salles de spectacles, sueurs, crottins de cheval,  Maupassant fait danser nos sens et c’est terriblement grisant.

Ah ! quel bonheur, quelle évasion, merci Bel-Ami, on en a bien besoin, tu sais, au presque quart du XXIè siècle. Mais t’es une sacrée belle crapule, quand même, hein…