Lu il y a quelques temps, je prends enfin de temps de le chroniquer.

 » Casamène est perchée sur l’épaule ronde d’une petite montagne crépue de chênes bas, qu’octobre n’a pas encore mordu de sa flamme. Du haut de la terrasse de gravier, on voit luire une froide rivière, argentée et rapide, couleur d’ablette« . Quelle merveille…

La retraite sentimentale est le dernier tome de la série des « Claudine ». Il est sorti en 1907. 

Claudine, la quarantaine je dirais, on ne sait pas trop en fait, se confronte à la solitude. Son mari Renaud, bien plus âgé, est malade, en soins à la montagne. 

Claudine s’isole à la campagne chez son amie Annie, une divorcée libérée, venue se reposer dans sa maison de campagne pour souffler un peu de ses diverses pérégrinations amoureuses.

Les échanges et situations entre les deux femmes sont plutôt inintéressants et superficiels, tout comme ceux avec Marcel, le jeune beau-fils de Claudine (fils de Renaud), bohème, immature et dépensier, qui vient taper l’incruste pour se faire chouchouter, plaindre et aussi pour quémander de l’argent. 

Mais ce n’est pas du tout ce qui compte. 

Ce qui compte, c’est l’ambiance champêtre magnifiquement décrite par Colette (les descriptions de nature automnale sont sublimes), la façon dont Claudine jouit de la nature, communie avec les animaux, s’abreuve des éléments pour faire face à ses ressentis, à ses peurs, pour faire émerger ses souvenirs d’enfance, se confronter à la vieillesse, réfléchir sur la vie, la solitude, sur ses propres besoins. 

Elle utilise le vide laissé par l’absence de son grand amour pour mieux se connecter à elle-même, c’est passionnant et très mature.

C’est un court roman lyrique, tendre et nostalgique, intemporel, qui fait réfléchir sur la vie, l’entrée dans la vieillesse, sur ses propres besoins fondamentaux et l’importance de les respecter, même si les proches ne comprennent pas. 

J’ai beaucoup aimé.