Bon, autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout aimé cette lecture, elle m’a prodigieusement énervée, même.

Clémence a réussi à quitter son ex, un taré qui en plus de la manipuler et maltraiter, adorait la faire courir de nuit dans les bois en petite culotte de satin blanche. 

Mouaif. 

Le gars est présenté comme un « pervers narcissique », nom à la mode des sociopathes qui ont toujours existé, thème à la mode, aussi. L’auteure en utilise tous les clichés.

Remouaif.

Bon. Clémence a réussi à partir en douce, à quitter ce taré. Çà c’est chouette. Elle est partie dans la ville d’à côté, a retrouvé un job dans une boulangerie (elle a toujours adoré faire du pain), loué une toute petite bicoque délabrée avec un petit jardin en friche, un jardin qui lui rappelle la forêt, un jardin où elle tente de dompter ses peurs. 

Clémence tente de se reconstruire malgré de puissantes obsessions en lien avec une confiance en elle à ras les pâquerettes depuis toujours (que l’auteure tente de nous expliquer par une psychologie facile à partir de certains éléments pas trop cool de son enfance). L’auteure a même évoqué qu’elle puisse être une personne à haut potentiel, mais rien n’est creusé et c’est pas repris.
Ressassement de mêmes sentiments sombres à toutes les sauces, aucun scénario ni intrigue puisqu’on sait qui est l’ex, on suit les sempiternelles et mêmes pensées noires de Clémence sur son vélo, au boulot, dans son petit jardin. 

Quelques personnages qui lui tendent la main, un dénouement plutôt prévisible quand on connaît le genre de littérature de l’auteure, rien ne m’a accrochée dans ce roman qui m’a ennuyée et exaspérée tant il n’est pas crédible du point de vue des personnages et de leur psychologie, sans compter l’absence de rebondissements, même psychologiques.

C’est vraiment très très lent, il ne se passe pas grand chose, çà çà ne me dérange pas du tout, au contraire j’aime les ambiances lentes, souvent je me perds quand il y a trop de rebondissements, mais là ce qui pêche, c’est que c’est en totale contradiction avec la plume vive et ciselée de l’auteure,  du coup çà sonne faux. 

Ce roman m’a laissé l’impression d’avoir été écrit à la va-vite, avec des ficelles toutes faites  pour plaire en ce moment (le pervers narcissique, l’attirance pour les métiers de l’artisanat, le nature writing).

279 pages de désespoir et de noirceur qui n’apportent rien à part véhiculer de fausses et faciles théories psychologiques, voilà ce que je me suis dit en le refermant. Hop, suivant.