​Zou, première partie du bilan cinéma de juin, avec la joie de pouvoir en visionner certains en salle, j’ai pu y aller à deux reprises ce mois-ci, gros bonheur.

J’ai donc vu :

 » ADN  » de Maïwenn, avec Maïwenn, Fanny Ardent, Louis Garel, 2020.
Vu au cinéma du Panthéon, chouette petite salle art et essai du quartier latin, avec sa petite librairie attenante où on a l’impression qu’on va croiser Alain Delon, belle découverte lors d’une fabuleuse virée parisienne solo.

On suit Neige, une femme divorcée qui élève seule ses 3 enfants, qui va être chamboulée par le décès de son grand-père, un homme algérien qui a fait sa vie en France. C’est lui qui l’a élevée, la protégeant de ses parents toxiques. 

Entre un deuil difficile et les méandres d’une famille très compliquée qui ne s’entend pas, ne s’écoute pas, Neige va révéler ses failles identitaires et peu à peu perdre pied. 

C’est un film très intime (Maïwenn y livre beaucoup d’éléments de sa propre vie), un film authentique, touchant, intelligent dans les questionnements soulevés sur la famille, très bien mené et remarquablement interprété par une belle brochette d’acteurs qui nous font vraiment vivre de l’intérieur ce drame familial. On en oublie que c’est un film, on est avec eux emportés dans leur tourbillon familial, le décès, les obsèques, les jours qui suivent, difficiles. 

Quelques scènes familiales drôles et caustiques, parfois loufoques, apportent un peu de légèreté à la gravité de la situation. C’est un très beau film sur la vie qui peut-être très difficile, sur les bouées que l’on peut trouver, sur la distance qu’il faut savoir mettre mais qui est si difficile à poser. Maïwenn est superbe, solaire, son visage change en fonction des émotions qu’elle traverse, à un moment même je ne l’ai pas reconnue, elle est vraimeent impressionnante. Fanny Ardent dans le rôle de la mère toxique, froide, hystérique, est truculente, Louis Garel est pétillant et drôle dans le rôle de l’ex soutenant, détournant habilement l’émotion par l’humour.

Je suis sortie bouleversée, comme si j’avais vécu les evènements avec cette famille.

TROIS VISAGES de Jafar Panahi, 2018.  

Vu sur la plate-forme Arte TV. 

Trois Visages est une aventure en voiture,  sur les routes de montagnes reculées d’Iran, pour tenter de retrouver une jeune fille qui a disparu. 

Il s’agit d’une jeune fille qui veut devenir artiste, projet auquel sa famille et sa communauté s’opposent fortement. 

Jafar Panahi est censuré par les autorités iraniennes, assigné à résidence, mais continue à tourner et à diffuser son cinéma avec ses petits moyens.  Beaucoup de scènes sont tournées depuis l’intérieur du véhicule, il nous embarque ainsi dans les régions les plus reculées d’Iran. 

C’est un road-movie semé de petites et grandes embûches, de rencontres très pittoresques, c’est rempli de poésie, un film à la forme proche du documentaire qui dénonce très finement la condition des femmes dans son pays et la puissance du patriarcat.

C’est un film intelligent, malicieux, bourré de tendresse et d’amour pour ce pays et ses habitants. C’est le premier film que je visionnais de ce réalisateur et j’ai hâte de voir « Taxi Téhéran ».

 « Gare Du Nord » de Claire Simon, 2013, avec Nicole Garcia, Reda Kateb, François Damiens.

Vu sur la plate-forme Universciné.

Ismaël est un thèsard en sociologie qui réalise des sondages à la Gare du Nord pour financer ses études. Il est fasciné par cette gare, les vies qui s’y croisent, ses petits secrets. Il en  connait chaque recoin et tout le petit  monde qui fait fonctionner cet univers mouvant. 

Un jour, Ismaël interview Mathilde qui sort du RER. Mathilde, prof de fac, la cinquantaine, traverse une période de vie difficile et a du temps à remplir. Elle va plonger dans la passion d’Ismaël et une relation forte va se créer entre les deux personnages. 

On va également suivre un homme qui recherche désespérément sa fille ado qui a fugué, ainsi qu’une mère de famille débordée par le travail, qui passe beaucoup de temps dans cette gare, partageant sa vie professionnelle entre Lille, Londres et Paris.

On y croisera aussi des gens qui triment, qui traficotent, des migrants qui risquent leur vie pour tenter de passer en Angleterre, des originaux, des fous, mais aussi des fantômes.

 J’ai adoré ce film qui retranscrit vraiment l’ambiance de la gare du Nord, fait ressortir toute l’humanité qu’il y a derrière ces milliers de gens qui y passent chaque jour ou y travaillent. La réalisatrice fait vraiment ressortie le cœur de la vie contemporaine que cristallise cette gare.

On se laisse porter par les portraits, situations loufoques parfois, par les liens improbables qui se créent, par les joies et les peines des personnages qui butent sur la vie. Est-ce réel, irréel ? On ne sait pas très bien mais c’est ce qui fait la magie des tourbillons dans les gares, une magie que j’adore regarder, où j’aime m’immerger. Ce film m’a énormément plu.

Suite des films de juin dans un prochain billet.