Une mère élève seule les quatre enfants nés de sa relation avec un homme marié qui les délaisse. Un jour, la petite dernière tombe gravement malade et décède. La mère se convainc que c’est à cause du chien qui était venu lécher le visage de sa fille, quelques jours avant au parc, chien qu’elle avait ensuite sévèrement amoché à la stupéfaction de tous. On est tout de suite dans la psychologie de cette mère… 

Suite au décès de sa petite fille, elle décide de quitter la région avec ses trois autres enfants, pour s’installer dans la maison que leur père, éditeur d’encyclopédies ayant fait faillite, lui a léguée. Une vieille bâtisse avec un immense jardin arboré entouré de hauts murs de briques.
Pour protéger ses enfants du monde extérieur et de ce chien maléfique qui pourrait les tuer, elle va leur interdire de sortir, leur demander de toujours parler à voix basse et de changer d’identité en les rebaptisant de nouveaux noms que chacun devra choisir dans une des nombreuses encyclopédies laissées par le père, celle des minéraux. L’ainée s’appellera désormais Opale, le second Ambre et le petit dernier Agate. 
Les trois enfants passeront de merveilleux moments dans cette maison et ce jardin, étudiant les encyclopédies le matin, jouant l’après-midi, développant leurs talents artistiques le soir, Opale la danse, Ambre le dessin et Agate le chant.
Ambre, développant à priori une pathologie de la vision, pensera avoir le don de faire vivre sa petite soeur décédée, en la dessinant dans les marges des encyclopédies, puis en la regardant en périphérie de sa vision, au grand bonheur de sa mère qui peut profiter à nouveau de sa petite fille. 
Quand elle ne travaille pas à la cure thermale de la ville où elle fait le ménage, leur mère cuisine et passe son temps à leur coudre des vêtements trop petits et féeriques avec ailes, queues, cornes.
Durant 7 ans, ils vivront ainsi cloîtrés, avec pour seuls apports du monde extérieur un petit chaton et un âne que leur mère ramène chaque année pour qu’il mange les hautes herbes et entretienne le jardin. 
Cet âne, emprunté à un collègue de la mère chaque année à la même époque, sera l’unique repère temporel des enfants. Ceux-ci, ne connaissant rien d’autre et effrayés par l’extérieur, vivront une enfance heureuse, emplie de joies et de jeux, ne se rendant pas compte de la maltraitance que la folie mêlée d’amour de leur mère leur fait vivre.
Mais un jour, un mystérieux marchand ambulant se présente à la porte. Dépassant l’interdit, les enfants le recevront chaque semaine en cachette de leur mère, subjugués par les beaux objets de l’extérieur qu’il leur présente. Ce sera le début de la fin de cette enfance singulière. 
L’histoire de cette fratrie nous est racontée par une narratrice âgée que l’on devine handicapée, qui vit dans le même foyer qu’Ambre, désormais un vieux monsieur aveugle et à la voix chuchotante. Ambre est devenu son ami et lui raconte son histoire, ce procédé narratif est vraiment sympa même si un peu frustrant car on ne saura pas quelle vie Ambre a vécue après cette enfance séquestrée, ni celle de son frère et de sa soeur.
J’ai aimé retrouver l’imaginaire si original, baroque, de Yôko Ogawa, la poésie sur fond angoissant qui caractérise son oeuvre, et que j’adore. Les thèmes abordés ici, le deuil d’un enfant et la folie, étaient très intéressants. 
Toutefois, c’était bien trop long. Les scènes de jeux d’enfants se répétaient longuement sans rien apporter au récit, ce qui a provoqué  chez moi beaucoup d’ennui et a rendu ma lecture vraiment laborieuse. Les premiers romans de Yôko Ogawa étaient bien plus courts et beaucoup plus intenses et puissants (je recommande le fabuleux  » Christallisation secrète »), c’est vraiment dommage, je suis un peu frustrée de m’être ennuyée sur un roman de Yôko Ogawa, que j’attends toujours avec beaucoup d’impatience.