Une petite ville de Lorraine. Son usine de robots ménagers qui la fait vivre depuis au moins deux générations, son rade, son lotissement de maisons d’ouvriers, ses jardins-potagers collectifs. 
Figuette (c’est un gars, c’est son surnom), la vingtaine, a connu des jours heureux avec Moïra, sa compagne femme-enfant immature au comportement de feu, dont il est fou amoureux,  ainsi avec ses potes-collègues de l’usine où il est cariste. 
Seulement voilà. Moïra s’est barrée, le laissant seul avec leur petite Zoé de 4 ans, et l’usine  va fermer, victime de la mondialisation. 
C’est le mois d’août et tous les salariés s’attendent à ce qu’on profite des congés pour vider les lieux et envoyer les lettres de licenciement. Pas grave, une petite magouille s’est développée depuis des mois dans l’usine pour gruger les investisseurs profiteurs et prévoir une petite enveloppe à chacun pour compenser. 
Figuette est malheureux depuis le départ de Moïra. Il boit et fume un peu trop et ne sait pas comment honorer la promesse qu’il a faite  à Zoé de l’amener à la mer. Il a plus un rond. Il va rivaliser d’ingéniosité pour lui construire son bord de mer. Il espère bien prouver ainsi à Moïra qu’elle loupe quelque chose et la faire revenir.
Un roman tragico-comique qui se lit d’une traite grâce à une plume très vive, des scènes très visuelles, une ambiance un peu loufoque, des personnages croustillants bien construits auxquels on s’attache.
J’ai aimé la description de ce monde ouvrier solidaire, qui se débrouille pour pas plonger dans la galère et la pauvreté. Là bas, ceux qui réussissent sont ceux qui ont pu faire un minimum d’études et ont réussi à trouver des postes à Luxembourg, à quelques kilomètres. Ils peuvent se faire construire de belles et grandes maisons sur les anciennes friches d’usines, viabilisées mais où t’as pas le droit de faire pousser des légumes, les sols sont trop pollués.
Un roman plein de tendresse et bourré d’humanité, j’ai bien aimé même si un peu léger et caricatural à mon goût.