Bon dimanche !

De retour de quelques jours de vacances, j’essaie de rattraper mes chroniques lecture, j’en ai un  bon paquet en retard, cet été fut vraiment bien chargé.

J’ai lu ce roman début juillet. 

Anne Wiazemsky est née en 1947 dans le Berlin en ruines où sa mère, fille d’un écrivain célèbre (François Mauriac), ambulancière à la Croix-Rouge Française, était partie en mission et avait rencontré l’amour (je recommande la lecture du fascinant  » Mon enfant de Berlin » d’Anne Wiazemsky, sur cette histoire). Elle fut écrivaine, comédienne, réalisatrice. Elle était la femme de Jean-Luc Godard. Elle est décédée en 2017.

Mais revenons à nos moutons et à  » Jeune Fille ».

2007. L’écrivaine Anne Wiazemsky nous raconte sa rencontre, dans les années 60, avec le cinéaste Robert Bresson. 

Le cinéaste va s’éprendre de cette jeune fille qui n’a jamais joué. Il la recrutera pour le premier rôle de son film « Au hasard Balthazar », sorti en 1966.

Anne, 18 ans et encore lycéenne, parvient à persuader sa famille et notamment son grand-père, François Mauriac, de participer au tournage.

Le temps d’un été, elle fera l’expérience de l’ambiance et des exigences d’un tournage, c’est très intéressant.

Elle devra jongler habilement avec Robert Bresson, déjà âgé, homme fascinant d’intelligence mais aussi capriceux, versatile, qui va la prendre pour muse et exercer sur elle une pression psychologique et séductrice.

Anne, timide et peu affirmée, est persuadée que cet été va changer sa vie.  » Une nouvelle existence m’attendait, dont j’ignorais tout, mais qui allait modifier profondément le cours de ma vie, je le savais, je le voulais ».

Ce sera le cas. 

Subtilement, sans jamais céder au cinéaste mais en jonglant habilement avec ses qualités, elle s’ouvrira à ses sens, à la vie, fera ses premières expériences, s’affirmera peu à peu vis à vis de sa famille et de Robert Bresson, parvenant même à renverser les pouvoirs en sa faveur.

C’est un très beau roman initiatique sur l’entrée dans la vie adulte, la découverte des jeux de l’amour, de la conscience de soi, de la confiance en un avenir pour soi. 

C’est également une belle immersion dans la société conservatrice des années 60 et dans la troublante et fascinante personnalité de Robert Bresson.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.