Paris, dans un avenir proche, vers 2035/2040.

La ville, tout comme plusieurs capitales européennes, est complètement tranformée architecturalement (couic la Tour Eiffel), consécutivement à d’importants attentats ayant eu lieu dans les années 2020, qui ont traumatisé les français.

Les beaux immeubles haussmaniens ont dû être rasés et remplacés par des quartiers d’immenses tours modernes.

Le climat est complètement perturbé et occasionne des épisodes violents de canicule durant lesquels les habitants doivent se terrer dans leurs logements climatisés. 

Arbres, fleurs, abeilles, oiseaux, sont de l’histoire ancienne. L’intelligence artificielle régit la vie matérielle, médicale, affective si on veut. Les réseaux sociaux sont devenus ringards et dangereux pour la vie privée, devenue un truc très important à préserver,  et pas à étaler (ah, çà, c’est super positif !).

C’est dans ce climat lourd que Tatiana de Rosnay plante l’action de son roman. 
On suit Clarissa, une femme d’âge mûr, qui se reconstruit après avoir quitté son mari en urgence. Au fur et à mesure du récit, en alternance avec les péripéties du roman, elle nous en livre les raisons, il y a un petit suspens sympa autour de çà.

Clarissa s’installe dans une résidence d’artistes très demandée où elle est miraculeusement parvenue à obtenir une place. 

Dans cet appartement ultra-moderne où la vie est facilitée par une assistante virtuelle, Clarissa, écrivaine passionnée de Romain Gary et de Virginia Woolf, pense pouvoir se remettre en toute quiétude à l’écriture.
Mais peu à peu, elle se sent mal à l’aise en ce lieu, elle a l’impression d’être observée, de plus elle se sent bizarrement physiquement épuisée depuis qu’elle vit dans cet appartement. 

Des doutes sur les réels buts de cette résidence d’artistes vont peu à peu s’immiscer dans son esprit. 

Clarissa commence à prendre sacrément peur et ses proches pensent qu’elle perd la boule, mais elle trouvera une aide précieuse auprès de sa petite-fille, dont elle a toujours été très proche.
J’ai aimé l’ambiance oppressante de ce roman, effrayante par sa proximité avec nos problématiques sociétales actuelles. L’écriture est limpide, aérée, avec des thématiques et personnages bien fouillés.
J’ai bien aimé l’histoire. Et puis j’ai beaucoup aimé que le personnage principal soit une femme sexagénaire, c’est assez rare.

C’est une lecture très addictive, surprenante, qui fait réfléchir. J’ai passé un moment de lecture très agréable avec ce roman.