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Pax est un acteur de série télé cinquantenaire, qui a renoncé à la gloire. Pour arrondir ses fins de mois, il bosse dans la boite de formation d’une amie et intervient dans les entreprises. Un après-midi, il reçoit un appel miraculeux de son agent. Un grand réalisateur américain s’intérresse à lui, il est à Paris et veut le rencontrer de suite. Pax rentre vite fait chez lui se changer.

Pressé, il n’intervient pas lorsqu’il entend au-dessus de chez lui des bruits importants et des cris. Il part en se persuadant de pensées bien réconfortantes et déculpabilisantes : les voisins déménagent, montent des meubles… Pax apprendra en rentrant qu’une agression très sauvage a eu lieu dans l’appartement du dessus. 

Interrogé comme témoin par la police, il a honte de sa lâcheté et ment sur son horaire de passage chez lui, dit ne rien avoir entendu. Il ne dit pas non plus qu’il a certainement vu furtivement l’agresseur, de dos dans l’escalier, alors qu’il partait vite à son rendez-vous.

Emi, franco-japonaise, est une femme divorcée, responsable RH d’une entreprise en restructuration qui doit faire face au décès au travail d’un de ses salariés sur le lieu de travail. Elle détient un élément très important sur cette affaire, quelque chose d’assez anodin auquel sur le moment elle n’avait porté que peu d’attention, quelque chose qu’elle n’avait pas fait remonter, mais qui explique bien des choses. Emi gère également la santé très compliquée de son fils de 20 ans. 
Deux personnes, deux petits secrets devenus mensonges, deux culpabilités qui se développent et vont ronger les vies.

Emi et Pax vont se rencontrer alors que Pax intervient pour l’entreprise d’Emi. Ils vont tomber follement amoureux. Mais cette rencontre va les lier bien plus que prévu, exacerber remords et culpabilité. Une rencontre qui ne pourra que faire exploser les personnages.

C’était très prenant de suivre la lente dérive de ces deux protagonistes, de découvrir cet élément qui les lie et les détruit sans qu’ils le sachent.
La plume est épurée, sensible, l’histoire est très ancrée dans la réalité, sauf certains points de gestion RH, mais çà n’altère en rien le récit.

Un chouette roman sur la lâcheté, sur la culpabilité qui hante et peut détruire des vies si on n’y remédie pas.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais j’ai bien aimé.