Années 70, Canada. Saul Indian Horse, 33 ans, sort d’un centre de désintox pour indigènes canadiens. Pour indiens, quoi. 

Il est déterminé à vivre et à panser autrement que par l’alcool les blessures d’une enfance saccagée, pillée. Mais pour celà, il doit raconter son histoire.

Saul est issu du peuple Ojibwé. Il a vécu la première partie de son enfance selon les modes de vie de ses ancêtres, avec ses parents, son frère et sa grand-mère, gardienne des traditions. Un mode de vie rude, en contact avec la nature et les éléments, guidé par la sagesse et les esprits des ancêtres. C’est absolument passionnant. Et très beau.
Mais les parents de Saul vont être convertis au christianisme et y adhérer. Ils vont peu à peu refuser leur mode de vie initial, leurs croyances. Après un drame familial, ils abandonnent Saul et sa grand-mère, en pleine nature, sans toit solide ni provision, à l’orée de l’hiver.
Au prix de sa vie, après des jours de marche dans la neige, sa grand-mère parviendra à sauver son petit-fils. Saul sera reccueilli dans un de ces internats pour enfants autochtones où les enfants sont considérés comme du bétail, ou plutôt des objets, humiliés, brisés, exploités, dans le but de leur enlever toute trace d’indianité. C’est rude. Très rude. Choquant. Effarant. Atroce.  Bouleversant. On en a beaucoup entendu parler dans l’actualité récente. 

Beaucoup d’enfants meurent dans ces établissements, sous les mauvais traitements ou préférant se tuer. Saul raconte tout çà.

Un prêtre d’apparence plus sympathique que les autres va arriver à l’internat, apportant avec lui sa passion, le hockey sur glace, qu’il va développer à l' »école ». Ce sport passionnera Saul et il s’avèrera qu’il est plus que doué, visiblement doté d’un don d’anticipation en plus de sa force et de son endurance. La pratique du hockey sera le refuge de Saul. Il s’entraînera chaque matin, en cachette, avant l’aube et les corvées. 

Ce sport le sauvera incontestablement de la folie ou de la mort. Saul deviendra un des meilleurs joueurs du pays. Mais le racisme envers les indiens dans le Canada des années 70 ainsi que des plaies d’enfance bien enfouies jamais narrées encore moins pansées vont à nouveau le rudoyer.

Une épopée bouleversante, un roman  coup de poing impossible à lâcher, dur mais si instructif, mettant en avant un personnage brisé en voie permanente de résilience. 

Comme toujours avec Richard Wagamese, l’écriture est fluide, puissante, envoûtante, très immersive, enrichie de références à la nature. L’auteur, écrivain et journaliste canadien, lui-même issu du peuple autochtone,  transmet avec tendresse et passion sa culture indienne, l’amour de son pays et de sa nature.
Inutile de dire que j’ai beaucoup aimé. Je recommande également la lecture de « Les étoiles s’éteignent à l’aube », de Richard Wagamese, superbe également.