J’aime beaucoup les romans de l’islandaise Auđur Ava Ólafsdóttir, qui savent faire émerger toute la tendresse brute de son pays (mon préféré est Miss Islande, paru en 2019, qui raconte l’histoire qu’une jeune fille dans les années soixante que l’on veut inscrire au concours de Miss Islande mais qui veut devenir écrivaine, une merveille). 

Aussi en octobre dernier,  je m’étais ruée en librairie pour acheter son dernier roman paru en France, « La vérité sur la lumière »,  traitant de la naissance, de la vie, de la lumière. Alléchant programme.

Dýja, la narratrice, est « mère de lumière », nom donné aux sage-femmes en Islande, comme l’étaient son arrière grand-mère et sa grand-tante. La coutume dans sa famille est qu’il y ait toujours une femme qui exerce ce métier. Très proche de sa grand-tante décédée il y a plusieurs années, Dýja a hérité de son appartement, qu’elle habite sans y avoir touché. 
Dýja travaille beaucoup. Elle lit de la poésie aux  parturientes, tout comme sa grand-tante tricotait des habits pour chaque petit à naître. Sur son temps libre, elle tente d’harmoniser les manuscrits rédigés par sa grand-tante, qu’elle a trouvés après sa mort, des chapîtres fantasques et décousus, parfois drôles, traitant du sens de la vie, de la place de l’homme dans le règne animal, de la lumière. Sa tante avait essayé de se faire publier, sans succès.
En ce mois de décembre où il ne fait jour que de midi à quinze heures, une tempête inédite est attendue. La soeur de Dýja, météorologue, n’arrête pas de la mettre en garde. Dýja profite de cet état d’attente pour enfin faire du tri et du vide dans l’appartement surchargé que lui a laissé sa tante. Un touriste australien vient quelques temps louer l’appartement au-dessus du sien.. et…rien. Il ne se passe absolument rien, hormis ces toutes petites tranches de vie, les gardes, les accouchements, les collègues qui passent chez elle boire un café après le boulot pour débrieffer, le touriste qui cherche des draps propres, la visite de l’électricien qui évoque ses soucis à la maison avec femme et nourrisson, les brefs coups de fil avec sa soeur pour parler des fêtes de Noël, les copines qui passent prendre des meubles et repeindre l’appartement, le tout entrecoupé d’ extraits des écrits pseudo-philosophiques de la tante, d’extraits de sa correspondance avec son amie galloise elle aussi en quête de lumière, et de souvenirs avec cette tante si originale.
Aucun de ces petits évènements n’est approfondi ou suivi, c’est une succession de petites scènes sans grand intérêt mêlées des réflexions de la tante sur la vie et la nature, aucun personnage n’est fouillé, rendant le tout très froid, tout cela a fini par m’ennuyer, heureusement ce livre est très très court, en deux petites soirées, pfiout fini.

Bien qu’on y retrouve la belle plume et l’ambiance si spécifiques à l’auteure, un peu surranée, magique avec les aurores boréales et les sols de lave, il m’est apparu très étrange et inhabituel, ce texte d’ Auđur Ava Ólafsdóttir, qui s’apparente plus à un petit essai décousu.