Un tout petit roman, 145 pages, paru en 2009, découvert par hasard en bouquinerie, je ne connaissais pas cet auteur(e?, on s’en fiche…).

Au début de la nuit, la narratrice roule le long des dunes. C’est sa dernière balade après des semaines d’errance en solitaire sur la côte, elle rentre le lendemain à Paris, reprendre le cours d’une vie qu’elle avait plaquée subitement. 
Derrière une dune, elle aperçoit un brasier et décide d’aller voir. Un homme, prostré, regarde brûler une petite maison. 

Le temps d’une nuit bercée par les vagues et les flammes, cet homme va lui raconter sa vie. Elle va comprendre pourquoi, au lendemain de l’enterrement de sa mère pour lequel il est venu d’Italie où il réside, il a décidé de brûler cette maison qui a accompagné tant de ses drames intimes. 

La narratrice est fascinée par le récit de cet homme, par sa vie qui fait résonner ses propres souvenirs, par le fait qu’il réside dans cette ville italienne où elle-même a connu un drame. 
Deux sacs de souvenirs qui vont se croiser, entrer en résonnance, une brève rencontre fortuite avant que chacun ne reparte dans sa propre vie. Intéressant ce thème des très brèves rencontres soudaines et sans avenir qui vont marquer une vie et contribuer à la façonner.

J’ai aimé ces deux personnages étranges, notamment la narratrice, cette femme qui a choisi la vadrouille pour réfléchir, lectrice fan de Modiano qui ne sait par où recommencer sa vie alors elle relit ses romans en notant tous les lieux parisiens qu’il cite dans son oeuvre, bars, hôtels, adresses d’appartement, en se donnant comme base de redémarrage de vie d’aller les repérer, elle verra bien où çà la mène. 

Une belle plume, une histoire originale, des personnages troublant/troublés, j’ai bien aimé ce court roman original sur l’amour, la mémoire, le traumatisme.