J’ai vu le dernier film de Cedric Klapisch, « en corps », sorti la semaine dernière au cinĂ©ma. 

On y suit Elise, une jeune femme de 26 ans, danseuse Ă©toile, qui, perturbĂ©e par une trahison qu’elle vient de dĂ©couvrir juste avant le lever de rideau, tombe et se blesse sĂ©vèrement Ă  la cheville lors de la première reprĂ©sentation d’un ballet.
Le film raconte le deuil qu’Elise doit faire de sa carrière de danseuse Ă©toile, deuil qui commence par du refus, de la peur, qui se mĂŞle au deuil de son enfance, Ă  des attentes fortes vis Ă  vis de son père notamment, un deuil qui de plus se dĂ©roule dans un contexte sentimental très dĂ©licat.
Assez vite, Elise se rend compte qu’elle doit faire quelque chose de cette blessure, la laisser la guider pour sa vie future. On perçoit alors une jeune femme qui fait preuve de beaucoup de maturitĂ©. Elle va squizzer tous les conseils divers et variĂ©s qui  lui sont prodiguĂ©s et suivre une amie et son compagnon, un couple extra, simple, très drĂ´le, jusqu’en Bretagne. 

Ce couple d’amis tient un food truck de cuisine raffinĂ©e et propose Ă  Elise de les accompagner pour une saison. Ils vont officier pour un grand gĂ®te en bord de mer, un endroit qui accueille des artistes pour des stages. 

Elise va y croiser une troupe de danse moderne, et peu Ă  peu revivre. 

C’est un beau film sur la transition de vie, sur la capacitĂ© Ă  rebondir face aux coups durs de la vie, un film lumineux qui laisse beaucoup de traces de joie, grâce aux magnifiques scènes de danse et Ă  la manière dont C. Klapisch filme les mouvements et les corps, grâce aussi Ă  la magnifique prestation de l’actrice principale, Marion Bardeau, danseuse Ă  l’OpĂ©ra de Paris.

Mais tout çà, je ne l’ai pas vu tout de suite. Parce que sur le coup, je me suis ennuyĂ©e ferme lors de ce film. Car bien sĂ»r il y a des amourettes et une histoire familiale sensible, avec des petites scènes humoristiques, bref un cĂ´tĂ© « auberge espagnole » assez lĂ©ger, avec des dialogues humoristiques auxquels je ne suis pas très sensible, du moins qui m’intĂ©ressent assez peu. 
Je n’ai zoomĂ© que sur çà, durant le visionnage, et c’est bien dommage, car me suis ennuyĂ©e ferme, hormis les fabuleuses quelques scènes de danse, sur le coup je suis passĂ©e complètement Ă  cĂ´tĂ© de ce beau film.
C’est quelques jours après, alors que le film me trottait encore beaucoup en tĂŞte, que j’ai compris que derrière cette lĂ©gèretĂ©, le vrai sujet traitĂ© Ă©tait le lien entre le corps et les choix de vie qu’il peut nous amener Ă  faire si on se montre capable de l’Ă©couter quoiqu’il nous prĂ©sente, sur la capacitĂ© qu’on a ou pas Ă  s’adapter, Ă  se confronter seul Ă  soi et Ă  suivre le chemin qui se prĂ©sente alors naturellement. C’est vraiment très belle thĂ©matique, et très bien traitĂ©e.

Au final, j’ai adorĂ©.