Arghhhh ! Il me faisait de l’oeil depuis des semaines, le dernier roman de Philippe Besson !…Pô pu attendre sa parution poche, craqué le week-end dernier. Paf. Et je ne regrette pas…

 » La nuit je mens », disait Bashung. Ben c’est pas le cas de cette poignée de gens qui embarque ce vendredi soir gare d’Austerlitz dans le train de nuit pour Briançon. 

Ces heures devant soi, ce temps qu’on a pas souvent, la promiscuité, le roulis régulier du train corail, la pénombre, la fatigue du jour, de la semaine, de la vie parfois, c’est propice à se poser, se lâcher, à se regarder soi, les autres, et puis souvent c’est plus facile de confier des trucs à des inconnus qu’on reverra pas. Alors çà se rapproche un peu et çà cause. 

On est vraiment dans ce train, dans ces vies roulant dans la nuit à travers la France, vers les montagnes, Philippe Besson écrit si bien, on est happés.
Dans ce wagon, un couple de jeunes retraités qui part une semaine à la montagne se ressourcer, quatre étudiants de Nanterre qui veulent faire un saut en Italie profitant d’une maison prêtée, un commercial éreinté qui rejoint sa famille, un jeune médecin parisien qui vient régler une affaire familiale, un moniteur de ski venu une journée à la capitale pour un examen de santé et qui a loupé son tgv de retour, une jeune femme seule avec ses deux enfants. 
De vraies vies qui se croisent, des discussions, des confidences, des secrets, des petites ou grandes douleurs qui peuvent se dire. Passionnants et intéressants personnages. Très réalistes. 
Mais dès le début du roman, l’auteur nous met clairement au jus. Le lendemain matin, dans cette petite troupe, deux auront perdu la vie. Comment est-ce possible ? Que va-t-il bien pouvoir de passer chez ces personnes si sympathiques, attachantes ? Un sacré suspens se met en place dès les premières pages.
Écriture limpide, chapîtres courts, enchaînement progressif de situations, quel suspens, quel page-turner ! Terminé en une nuit, pas pu faire autrement, tant pis pour le manque de sommeil, le mode zombie au boulot.
Je suis sortie toute chamboulée de ce court roman de 200 pages qui se boit limpidement, enivre progressivent sans qu’on s’en rende vraiment compte et nous retient dans ses filets de l’horreur.