Un roman-fable social, rempli de fantaisie et d’humour, loufoque et tendre.

Années 70, Paris.

Le narrateur, ex-star du rock devenu ringard, nous raconte son repli incognito-peinard dans un petit hôtel parisien tenu par un gars sympa et humain nommé Jésus. 

Jésus loue 13 chambres, uniquement à des éclopés de la vie, des réprouvés de la société, qui viennent rechercher ici une famille et de la chaleur. 

On a un couple d’ex-taulards, surnommé Bonnie&Clyde, enfin réunis après des années de prison, qui ne se quitte plus et adore raconter ses anciens exploits (le clou étant le vol du passage piéton de la célèbre photo des Beatles, sur Abbey Road, volé en parodiant des travaux, revendu à prix d’or à un fan). 

On a aussi un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête, une VRP qui vend des encyclopédies à domicile pour tenter de changer le monde, un ancien promoteur immobilier escroc-idéaliste, une femme qui ne pense et parle que par citations littéraires, y a aussi Vieux John, un retraité de l’usine, qui vit recroquevillé sur lui-même à lire le journal et chanter de temps en temps l’Internationale, et quelques autres personnages tout aussi croustillants. 

On va découvrir l’histoire et les petites aventures de ces treize apôtres qui vivent peinard sous la houlette de Jésus qui leur propose de bons petits plats, de la chaleur humaine, de la bière et la bonne musique de son juke-box.

Et puis débarque Jolène…

 Jolène est une jeune caissière qui galère depuis le décès de son père, peintre de la tour Eiffel (grande fierté de Jolène), et le remariage de sa mère. Jolène vit comme une oursonne dans sa chambre de bonne. 

Son supermarché n’est pas loin de la pension de Jésus et elle prend l’habitude en sortant du boulot de venir y boire une bière et s’offrir toujours le même morceau de Dolly Parton au juke-box.
Le jour où Jolène se fait virer parce qu’elle refuse de porter un badge à son nom tant que les cadres n’en portent pas non plus, elle vient habiter l’hôtel de Jésus. 

Mais celui-connaît des tensions depuis qu’il y a eu du rififi avec un employé du gaz impoli. 

Et puis les voisins commencent à se plaindre de ce « squat de hippies ». 

Jolène, si réservée et manquant de confiance, va se révéler une vraie défenseuse des opprimés, une véritable apache, l’idole des laissés-pour-compte.

J’ai adoré la première partie de ce roman, truculent de par les situations et interactions des personnages loufoques et touchants. Il leur arrive plein d’aventures cocasses et la communauté de l’hôtel va se souder encore plus pour former une vraie famille. 
Mais très vite, le monde extérieur devient complètement hostile et sans nuance, l’histoire se transforme en pugilat aviné, ce qui m’a beaucoup moins plu et m’a paru très long. 

Je ne retiendrai de ce roman que la poésie des personnages, la folie douce des situations qui m’ont bien amusée, l’ambiance folle et chaleureuse, la belle écriture et imagination de l’auteur, et toute son humanité. J’ai plutôt aimé.